Les interventions
20110617 Ceremonie journée nationale des SP Versailles13h26 ce jeudi 8 février 2018, alors que les sapeurs-pompiers du département "pataugent" encore dans la neige, le CSP Les Mureaux reçoit une demande de secours pour une tentative de suicide par défenestration.

La salle opérationnelle Ouest engage alors immédiatement Le VSAV1 ainsi que le FPT des Mureaux. Ce jour-là, c'est l'adjudant-chef Pascal qui est chef d'agrès de l’ambulance. Avec ses coéquipiers du jour, le sergent Mehdi (conducteur) et le sergent Gregory (équipier), ils se faufilent, à bord de la première, dans la circulation.

 
Sur le trajet Pascal donné déjà des consignes à son équipage et, à peine 3 minutes plus tard, ils arrivent à destination. Pascals et Grégory ont-ils à peine le temps de sortir VSAV qu’ils sont immédiatement interpellés par les passants. Tous pointent du doigt une fenêtre ouverte au 3e étage d'où provient le vacarme d'une violente dispute entre un homme et une femme.
 
Le chef et l'équipier s’engagent dans la cage d’escalier et gravissent quatre à quatre les marches jusqu’au 3em étage. Pendant ce temps le conducteur stationne le VSAV dans une rue déjà très encombrée....
 
À l'instant même où les sapeurs-pompiers pénètrent dans l'appartement, dont la porte est restée ouverte, une scène surréaliste se produit. Une femme, âgée d’une cinquantaine d’années environ se dispute violemment avec celui qui semble être son conjoint, en une fraction de seconde, elle pousse ce dernier en arrière et plonge, tête première, au travers de la fenêtre ouverte juste à côté d'elle.
 
Alors que l'homme tombe en arrière, le chef d'agrès, presque instinctivement, se jette vers la victime et la rattrape au vol, in extremis. La position de Pascal est délicate et quasiment tout le poids de la victime repose sur un seul de ses bras. Alors qu'il fait des efforts démesurés pour tenter de la retenir, son équipier la saisit par l'épaule et vient soulager son chef d’agrès. Tous deux tirent de toutes leurs forces en arrière rejoint par Mehdi qui a fait irruption dans l’appartement. Déséquilibrés, les trois sapeurs-pompiers et la victime chutent lourdement sur le sol. Dans cette opération, l'adjudant-chef R., s’est blessé sérieusement à l’épaule, mais, sous l'effet de l'adrénaline, il ne ressent pas encore la douleur de la blessure qu'il vient de s'infliger.
 
En chef d’agrès consciencieux, il isole la victime, par souci de sécurité tandis que ses deux autres collègues s’occupent du conjoint. Pascal ne relâche pas pour autant son intention car son expérience l’incite à être méfiant vis-à-vis des personnes suicidaires, et il a bien raison. Alors qu’elle se place derrière une table basse, Valérie s’empare d’un tesson de bouteille au sol et s’entaille le bras. La réaction de Pascal est instantanée et en très peu de temps il lui fait lâcher prise. La blessure n’est pas très profonde et en attendant qu’on puisse s’occuper d’elle correctement L’adjudant-chef R. décide de l’isoler sur le palier, loin de tout risque.
 
Au même moment, l’équipage du FPT arrive à l’étage. Content d’avoir un peu de renfort, pascal confie sa victime à l’équipage du FPT afin qu’elle soit descendue jusqu’à l’ambulance. La pression retombe et les premières douleurs arrivent. Pascal sent bien que quelque chose ne va pas et il en informe le commandant des opérations de secours. Ce dernier demande alors un deuxième VSAV en renfort.
 
Pendant qu’on s’occupe de Pascal et qu’on l’installe dans la deuxième ambulance, la victime, elle, est installée sur un siège dans la cellule arrière du VSAV. Tout à coup, elle saisit la ceinture de sécurité, l’entoure autour de son cou et se jette au sol pour tenter de se pendre. Immédiatement soutenue par l’équipage présent, elle se débat et empêche les soldats du feu de la libérer de sa mortelle entrave. Il faudra 4 sapeurs-pompiers pour réussir à l’en défaire.
 
Au final elle sera transportée menottée sur le CH Meulan sous escorte policière avant d’être finalement dirigée vers un centre hospitalier spécialisé.
 
Pascal, quant à lui, souffre d’une déchirure aux muscles de l’épaule, mais en raison de l’œdème qu’il présente, il est impossible de connaitre précisément l’étendue de la blessure. Il rentrera chez lui pour avec une ITT de 3 semaines en attendant de pouvoir passer une IRM.
 
Interrogé sur cette intervention l’adjudant-chef R. nous a confié que sans l’arrivée de ses collègues il n’aurait sans doute pas réussi à ramener la victime à l’intérieur. « On est vraiment peu de chose, s’en est fallu d’une seconde » nous confie-t-il.
 
L’adjudant-chef R. n’en est pas à son premier sauvetage, il avait été décoré en juin 2011 d’une médaille pour acte de courage et dévouement pour avoir participé à une intervention pour feu d’appartement dans lequel 5 sauvetages avaient été effectués.
 
* nom donné au premier départ VSAV
 
Texte : G.Guillemard / Photo P.Rourre / J.Cordeboeuf

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