Les interventions

DSC 1489C’est une scène inhabituelle qui s’est déroulée sous les yeux des riverains du quai Aristide Briant à Triel-sur-Seine hier en fin d’après-midi mardi 22 aout.

Pour une raison inconnue, une passante, âgée d’une quarantaine d’année, se jette soudainement en seine sous le regard médusé de plusieurs témoins.

Rapidement alerté le COG Est engage les secours adéquats dont le VSAV et le BLS de Vernouillet.

Le sergent-chef Matthieu C. est de garde à Vernouillet ce jour-là. Plongeur de proximité, il réagit immédiatement à l’annonce du motif du départ du VSAV 1.

Il ne lui faut que quelques secondes pour attraper son équipement et en accord avec le chef de garde, il monte directement à l’arrière du VSAV direction l’intervention. Sans le savoir, c’est peut être cette décision rapide, prise de concert avec le chef de garde qui va sauver la vie de la victime.

Pendant ce temps cette dernière dérive, un policier, bon nageur et qui assiste à la scène, se déséquipe rapidement de son gilet pare-balle avant de sauter à l’eau.

La victime est dans le lit du fleuve à l'endroit où le courant est le plus fort et malgré ses efforts, le policier ne parvient toujours pas à la rattraper.

Le VSAV Vernouillet se présente et Matthieu, qui a eu le temps de s’habiller sur le parcours, sort tout équipé du véhicule. La priorité, il la connait : ne pas perdre le contact visuel avec la victime. Cette dernière a d’ailleurs parcouru beaucoup de chemin depuis l’endroit initial de la chute.

Scrutant la surface de l’eau et aidé par les indications des témoins, il finit par la localiser, plusieurs centaines de mètres en aval de leur position.

En une fraction de seconde il comprend qu’il doit dépasser la victime pour avoir une chance de la récupérer. Il s’engage alors sur la berge à pied, revêtu de sa combinaison néoprène. A cet endroit la berge n’est pas entretenue et c’est au travers d’un enchevêtrement de ronce, de branche et d’orties que le sergent-chef C. doit se frayer un chemin.

Mais il gagne du terrain et bientôt il dépasse le policier qui continue à nager en direction de la victime. Encore une centaine de mètres et voilà qu’il la dépasse. Il chausse rapidement ses palmes et se jette à l’eau. Excellent nageur le sapeurs-pompiers parvient rapidement à hauteur de la victime.

Celle-ci n’a pas l’intention de se laisser faire. Elle a sauté à l’eau pour en finir et pas question qu’on lui porte secours… C’est sans compter sur la maitrise des plongeurs, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Matthieu se saisit de la victime qui cesse rapidement de se débattre.

Tout en tentant d’engager le dialogue le sauveteur ramène sa victime sur la rive. Rejoint rapidement pas le policier lancé sa poursuite depuis plus de 500m.    

Les embarcations finissent par arriver après plusieurs minutes mais Mme ****, 45 ans, refuse de monter à bord. A force de persuasion, elle accepte finalement d’être raccompagnée, à pied, jusqu’aux autres véhicules de secours qui l’attendent. Examinée, elle sera transportée en UR sur le CH du secteur par la VLI.

Interrogé au sujet de son action, le sergent-chef C. a expliqué qu’il s’agissait là d’une action de « routine » pour les plongeurs de proximité : « Nager dans une seine à 20° en combinaison néoprène et palmes n’a rien d’un exploit, on est entrainé pour ça et j’ai toujours agit en sécurité […] le policier, quant à lui, a dû beaucoup plus galérer, mais il n’a rien lâché !».

Une belle preuve d'abnégation et de courage de la part des représentants des deux services qui n'ont pas hésité une seule seconde pour porter secours.



Texte : G.Guillemard / Photos : R. Barrot

sp78